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Participez à une discussion avec l'équipe de YCI Ghana, qui analysera le récent documentaire ' Buy Now ! ' ainsi que l'impact des déchets et de la fast fashion à travers le monde.

« Achetez maintenant, payez plus tard » : un débat sur le gaspillage, le climat et l'innovation

Ghana

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Auteurs : Équipe de YCI Ghana, Sheila Adufutse et Marie Vanderpuye

Contexte :

Le bureau de YCI au Ghana – Un mardi après-midi décontracté. Marie et Sheila sont assises à leur bureau, en train de siroter du thé ghanéen à l'hibiscus (sobolo) tout en discutant du documentaire Netflix consacré au Ghana, ‘Achetez-le dès maintenant ! ’ La conspiration du shopping ».

Le personnel de YCI et les volontaires internationaux au Ghana, notamment Marie (à l'extrême gauche) et Sheila (au centre).

Le signal d'alarme

Marie : Sheila, t'est-il déjà arrivé de regarder quelque chose qui t'ait à la fois fait te sentir coupable et t'ait inspirée ? Je te donne un indice : ça concerne la crise mondiale des déchets…

Sheila : Oh, je vois tout à fait ce que tu veux dire. Laisse-moi deviner : ce nouveau documentaire… ‘ Buy Now ! ’ ?

Marie : Oui ! Je l'ai regardé ce week-end, et waouh… Je n'arrive toujours pas à m'en remettre. L'ampleur du gaspillage, le consumérisme aveugle, la façon dont tout est conçu pour être jeté.

Sheila : IÇa m'a vraiment fait réfléchir. Je veux dire, chez YCI, on parle tout le temps du changement climatique, mais ce documentaire a mis en lumière quelque chose que nous vivons au quotidien ici au Ghana : la crise des déchets liée au consumérisme.

Marie : Exactement. Et ce qui m'a le plus frappé ? C'est de voir comment le Ghana est en train de devenir la poubelle de la surconsommation des pays occidentaux. Ils consomment à outrance, jettent leurs déchets, et d'une manière ou d'une autre, tout cela finit ici, sur nos marchés, dans nos décharges, voire dans nos océans. Le documentaire montrait comment, chaque semaine, plus de 15 millions de vêtements d'occasion arrivent à Marché de Kantamanto – C'est vraiment accablant et néfaste pour la planète.

Sheila : C'est complètement fou ! Et tu sais ce qui n'arrange rien ? Le fait que nos propres habitudes de consommation locales ne font qu'empirer les choses. Le nombre impressionnant de bouteilles d'eau en plastique que nous consommons chaque jour, la « fast fashion », le plastique, tout ce qui est jetable. C'est comme si nous avions bâti une économie sur des objets destinés à être jetés…

Photo montrant les montagnes de déchets au marché de Kantamanto, au Ghana. Source de la photo : The Climate Tribe

 

Le casse-tête des déchets au Ghana

Marie : Et nos systèmes de gestion des déchets ne parviennent tout simplement pas à suivre le rythme. Vous avez vu les caniveaux de notre capitale, Accra, débordant de plastique. Les tas d’ordures en train de brûler un peu partout ici, à Tamale. Les décharges qui débordent…

Sheila : Et ne parlons même pas d’Agbogbloshie, la plus grande décharge de déchets électroniques au monde, située ici même au Ghana ! De vieux ordinateurs, des téléphones cassés, des appareils électroménagers mis au rebut en Europe et en Amérique du Nord y sont brûlés pour en récupérer les morceaux, empoisonnant ainsi l’air et l’eau.

Marie : On en vient à se demander quel est le véritable coût de toute cette consommation. On adore ‘ acheter tout de suite ’, mais qui en paie réellement le prix ?

Sheila : L'environnement. Les communautés les plus défavorisées. Et les générations futures.

 

Une autre forme d'économie

Marie : Mais laissez-moi vous dire où je trouve l’espoir et la motivation pour continuer. Grâce à HerStart, je suis vraiment reconnaissante que nous puissions soutenir les entreprises sociales dirigées par des jeunes femmes qui renversent complètement ce discours. Elles ne se contentent pas de réduire les déchets, elles les transforment véritablement en opportunités.

Sheila : Oui ! À l’image de ces entrepreneuses vertes qui ont bénéficié du fonds HerStart Catalyst pour développer leurs activités. L'une d'entre elles, que j'ai rencontrée l'autre jour, transforme du plastique mis au rebut et de vieux vêtements en superbes sacs et sandales. Une autre crée des produits d'entretien écologiques. Ces femmes prouvent que les déchets ne sont pas une impasse, mais une opportunité de créer quelque chose de nouveau.

Marie : Voilà à quoi ressemble une véritable action en faveur du climat ! Au lieu d'attendre que les grandes entreprises ou les politiques finissent par changer… enfin, elles devraient quand même changer, mais ces femmes prennent les choses en main. et en proposant des solutions immédiates qui sont à la fois durables sur le plan environnemental et économique. C'est vraiment impressionnant.

Sheila : Et c’est ce que m’a appris mon engagement à leurs côtés. Il ne suffit pas de réduire nos déchets ; nous devons repenser complètement notre façon d’utiliser les ressources. Nous devons passer d’un “ prendre-fabriquer-jeter ” une mentalité axée sur l'économie circulaire, “ réduire, réutiliser, recycler ” une mentalité selon laquelle chaque objet peut avoir une deuxième (voire une troisième, une quatrième…) vie.

 

Et maintenant, quelle est la suite ?

Marie : C'est là la grande question. Comment faire en sorte que le développement durable devienne la norme, et non l'exception ? Comment concilier la croissance économique et la garantie d'un moyen de subsistance pour tous, sans pour autant renoncer à notre responsabilité environnementale ?

Sheila : Pour commencer, nous pouvons tous devenir des consommateurs plus avertis. Avant d'acheter, posez-vous les questions suivantes : en ai-je vraiment besoin ? Puis-je plutôt réutiliser ou trouver une autre utilisation à quelque chose que je possède déjà ? Puis-je utiliser mon argent pour soutenir une entreprise qui agit de manière responsable ?

Marie : Et nous avons besoin de des politiques qui favorisent les entreprises durables. Davantage de financements, davantage de visibilité, davantage de mesures incitatives pour les entrepreneurs verts qui s'attaquent aux enjeux climatiques. Faire du triple résultat, à savoir les gens, la planète et bénéfice la norme.

Sheila : Oui ! Et nous aussi, en tant qu’individus, nous avons un pouvoir d’action. Chaque choix que nous faisons – où nous faisons nos achats, ce que nous portons, comment nous nous débarrassons de nos affaires – façonne le monde dans lequel nous vivons. Même ce que nous regardons, comme le documentaire *Buy Now*, et les personnes à qui nous en parlons peuvent avoir un impact. Et bien sûr, soutenir les femmes entrepreneures qui ouvrent la voie au changement.

 

HerStart : les entrepreneurs verts au Ghana

Découvrez Mariam (ci-dessus), qui transforme des vêtements mis au rebut et des emballages en plastique en superbes créations de mode, et Clementia (ci-dessous), qui fabrique des produits d'entretien écologiques qui rendent les foyers plus sûrs et plus respectueux de l'environnement. Elles sont la preuve que le changement est possible lorsque l'innovation va de pair avec le développement durable.

Comment luttez-vous contre la tendance à la surconsommation non durable ?

💬 À vous maintenant : de quelles manières pratiquez-vous une consommation responsable ? Ou comment pourriez-vous vous y mettre ? Comment pouvons-nous tous faire mieux ensemble, en tant que société mondiale ? Partagez vos réflexions sur nos réseaux sociaux et suivez-nous pour découvrir d'autres articles sur Instagram et sur LinkedIn.